mercredi 26 septembre 2007

L'identité francophone, cette billevesée !

Ce qui me gêne dans tout ce qu'on entend à propos de l'identité francophone, c'est qu'on nous enjoint à créer une identité francophone en réaction à l'identité flamande. Il s'agit donc de créer une identité contre une autre. Ca augure déjà du potentiel conflictuel que revêtira cette identité sans compter que si la seule base de cette identité est celle-là que fera-t-on une fois le conflit règlé (quelle que soit son issue) ? L'identité s'écoulera d'elle-même.

Un autre point important est l'adjectif utilisé : "flamande" dans un cas, "francophone" dans l'autre. Gros problème de sémantique. On n'est pas francophone par identité, on l'est par sa langue. Il en est d'ailleurs de même pour nos amis néérlandophones et germanophones.

Il est aisé de comprendre la raison de cette grossière erreur : l'adjectif "wallonne" ne serait accepté ni par les bruxellois ni par les germanophones. Peut-être faudrait-il utiliser l'adjectif "fransquillonne" qui aurait le mérite de donner un reflet juste de la valeur de cette pseudo identité...

Pour ma part, je n'aime aucune identité. Bien entendu, je suis liégeois sans en être exagérément fier et sans que cela ne constitue pour moi une nationalité. Je dois avouer que belge correspond bien mieux à ce qui définirait mon identité. Mais francophone ou même wallon ne me parle pas. Je me sens bien plus proche de mes voisins limbourgeois que des Picards de wallonie ou des carolos ou même des bruxellois. Ca ne m'empêche pas d'apprécier ce qu'ils sont. Et puis belge, ça dit bien ce que ça veut dire : des gens différents qui ont en commun un grand sens du surréalisme et de l'humour sur soi-même et cela du nord au sud et de l'est à l'ouest.

Et de toute manière, ce qui est intéressant dans les identités, c'est quand elles se mélangent, s'entremêlent, se fécondent mutuellement pour donner une identité plus large, plus tolérante, plus ouverte et plus riche. Toute attitude défensive qui consiste à défendre bec et ongle son identité contre une autre me paraît totalement stérile et dépassée pourvu, bien entendu, que cette dernière n'ait pas volonté de remplacement.

Alors, à tous ceux qui voudraient nous obliger à nous aligner sur une identité quelle qu'elle soit, foutez-nous la paix/loop naar de maan !

mercredi 12 septembre 2007

Albondigas à l’instar de Me Jacques

La recette qui suit vient de l'épopée des samedis gourmands de la Goutte d'Or qui n'est pas un quartier de Paris mais bien un estaminet où le surréalisme s'acoquine avec l'esprit festif liégeois pour donner des moments de franche rigolade.

Un convive, ce jour-là : "Y'a de l'aïl là-dedans ?".
Me Jacques (le cuistot) : "Ouais, y'en a !"

Les ingrédients

Pour 15 personnes

Pour les boulets
- 1 kg de porc
- 1,5 kg de veau
- 4 gousses d’ail
- 4 œufs
- mie de pain essorée ou chapelure
- persil haché
- farine
- sel, poivre




Pour la sauce
- huile d’olive
- oignons
- 4 gousses d’ail
- tomates pelées (ou 10 tomates fraîches)
- 40 cl de vin blanc
- 40 cl d’eau
- 5 feuilles de laurier
- origan séché
- 1 capsule de safran
- 4 guindillas (piments d’espelette)
- sel, poivre
- sucre
La recette

Les albondigas (petites boulettes de viande à l’espagnole) à l’instar de Me Jacques, c’est un peu la résurgence des métiers disparus de la restauration à cause de l’américanisation galopante de celle-ci et de son corollaire inévitable : la mécanisation à outrance. Il a donc fallu faire appel à nos connaissances ancestrales. Ainsi, Gilbert la Malaxe a utilisé ses compétences pour le mélange de la farce. Puis, José et Benoît, les rôleus* d’boulets, sont intervenus. Et, last but not least, David le Secoueur a terminé le façonnement des albondigas.

Les albondigas sont, en quelque sorte, les petites sœurs éloignées des boulets de chez Lequet. Ils ont donc la taille d’un cochonnet ou, pour ceux qui ne connaissent pas la pétanque, à peu près la taille d’une burne humaine adulte qui serait ronde et non ovoïde (+ 20 gr.).

Pour la farce, il faut incorporer aux viandes les gousses d’ail, idéalement pressées auparavant, les œufs amoureusement battus, le persil haché et la mie de pain (voir Trucs & astuces) ou, à défaut, la chapelure. On y ajoute les oignons hachés finement et le persil haché. Saler et poivrer. Malaxer le tout. Ensuite, comme préconise Marc Veyrat, même s’il s’agit d’un plat que l’on a déjà fait des centaines de fois, goûter le mélange est un passage obligé avant la cuisson. Rectifier l’assaisonnement si nécessaire.

Façonner les albondigas en utilisant comme quantité de référence une cuillère à soupe rase de la farce. Les fariner abondamment.

Ensuite, préparer la sauce. Pour ce faire, faire revenir les oignons hachés dans de l’huile d’olive. Ajouter l’ail haché. Faire revenir et déglacer avec le vin blanc et l’eau. Laisser réduire environ 10 minutes puis ajouter les tomates pelées écrasées. Ajouter le laurier, les guindillas, le safran, l’origan, un peu de sucre (pour diminuer l’acidité des tomates). Saler et poivrer. Goûter et rectifier si nécessaire. Laisser cuire à couvert pendant 20 minutes.

Pendant ce temps, saisir les albondigas dans de l’huile d’olive. Une fois saisies, les incorporer à la sauce et cuire le tout à petit feu pendant 15 minutes à découvert.

On servira les albondigas couvertes de sauce, avec une pincée d’origan, accompagnées de frites à l’ancienne et d’une salade vinaigrette.

* = rouleurs (en wallon)

Trucs & astuces

- On doit idéalement préparer le mélange de hachis le jour avant.
- Plutôt que d’utiliser de la chapelure, on peut utiliser de la mie de pain durcie que l’on ramollira dans du lait et que l’on essorera ensuite avant de l’incorporer à la farce.
- La saisie des albondigas permet à celles-ci de ne pas se décomposer pendant la cuisson dans la sauce.
- Après manipulation des guindillas, il est IMPÉRATIF de bien se laver les mains ainsi que les instruments qui ont servi car ces piments sont très irritants au contact des yeux.



mardi 28 août 2007

Tel le Phénix, on renaît plusieurs fois sur une vie.

J'ai emménagé dans cet appartement à une période où je m'étais laissé entraîner vers le fond, par amour.

Psychologiquement, c'était une période noire, très noire où j'alternais déprime profonde et euphorie paroxystique. Du coup, les murs, les plafonds, les sols, les vitres, ... tout s'est imprégné de ces flux négatifs que je développais et qui me poussaient toujours un peu plus loin. C'est l'époque de la dévalorisation, des idées noires. C'est celle où on chatouille la mort, pensant qu'il ne reste plus qu'elle à vous vouloir du bien. Après tout, autant en finir !

Mais l'être humain est fondamentalement homéostasique. En son for intérieur se joue un combat dont on sous-estime souvent la portée : la vie se bat comme un beau diable pour reprendre voix au chapitre. Elle ne vainc pas toujours mais gagne la plupart de ses combats*.

Cette lutte, c'est l'époque où on se cherche. Les déprimes sont moins profondes, les euphories deviennent des moments où l'on se sent simplement bien. C'est le temps où j'ai voulu faire du "mens sana in corpore sano" la règle absolue de ma vie. Je me suis donc mis à forger mon corps en soulevant de la fonte. Je me suis mis à lire tous azimuts. Et, question boulot, je me suis encore un peu plus impliqué dans le projet du moment (voir colonne de gauche, en haut).

C'est le temps des découvertes, culturelles bien entendu, mais aussi et d'abord humaines. On refait un premier pas vers ses frères humains qui en même temps que nous vivent. Le début de la tête du Phénix point !

Une certaine blonde venait d'entrer dans le cercle de mes connaissances. Elle allait progressivement me transmettre sa philosophie de vie, résolument positive.

Pourtant, il manque encore quelque chose. Je n'étais pas satisfait de ma vie. J'étais trop à l'excès. Je cherchais à être ce que je ne suis fondamentalement pas : un être aseptisé. Corpore sano ne signifie pas tablettes de chocolat, quatre heures de sport par jour, nourriture sans calorie donc sans goût, pas d'alcool, ... . De même, mens sana n'impose pas d'adopter le feng shui, la lecture de livres rasoir, la quête d'une spiritualité absolue, ... .

Un anarchiste ne peut supporter les dictatures, a fortiori celles qu'il s'est lui-même imposées.

Alors, j'ai repris le chemin de l'épicurisme qui n'exclut ni de prendre soin de son corps, ni de prendre soin de son esprit. Que du contraire ! Le corps du Phénix était quasi reconstitué. Premier signe important, je me remettais à cuisiner et à dévorer des livres sur le sujet.

En passant, je conseille au lecteur "La nonna, la vita, la cucina" de Larissa Bertonasco (éditions La Joie de Lire).

Restait un dernier détail : sortir de cet appartement imprégné. C'est chose faite depuis peu (ce qui explique le peu de mouvements sur ce blog). Ici, les murs, les sols, les fenêtres, ... respirent le bonheur.

Le Phénix a décollé et vole avec tant d'énergie qu'il ne semble pas prêt de se poser pour faire son nid.



* L'entourage joue un rôle important et, pour ma part, il est une personne qui a joué un rôle majeur. Si elle lit ceci, elle devrait se reconnaître. Alors, merci !

jeudi 9 août 2007

A chimère, chimère et demi !

Je suis prêt à partir très vite
J'ai dépassé la limite
J'aimerais forger mon corps pour la casse
Pour cela, faudrait qu'je sois tenace
Et moins fadasse
Plus fou
Plus fort
Faire des tas d'efforts
Etre enfin ce que je ne suis pas
Un mec, un vrai, un gars
Une tablette de chocolat
Aux gros biscoteaux
Un super gars
Avec les dégâts
Avec les embarras
D'un plouc
Qui trinque...
(Liège, octobre 2002)

Deux jours après ce séjour à Paris. Que j'aime cette ville surveillée par personne.

Elle a été présente tout le voyage. Je l'ai imaginée dans Montréal en train de déguster moult pancakes nappés de sirop d'érable, de découvrir les immensités canadiennes, de de... . Je préfère pas tout savoir !
Elle me manque. Si seulement j'avais de la chance pour une fois. Si seulement le Diable me proposait un contrat. Je pourrais lui vendre mon âme pour elle, pour qu'elle soit mienne.

Allez, Méphistophélès, prête-moi ta plume que je signe ce pacte !
(Liège, juin 2004)

mercredi 8 août 2007

La guerre des pigeons

Ils ont lancé leurs premières attaques fin juillet dès potron minet. Deux beaux gros pigeons de ville roucoulant à bec déployé sur le balcon attenant à ma chambre. Il était manifeste que leur seule intention consistait à m'empêcher de goûter mes derniers instants de sommeil avant le boulot.

Au début, les attaques étaient éparses. Suivant les préceptes de Sun Tzu, ils testaient la capacité de réaction de l'ennemi. De mon côté, je répliquais d'une simple tape sur la tenture. Cela suffisait à les éloigner jusqu'au lendemain. Puis, petit à petit, les agressions se sont multipliées : plusieurs salves par matinée. La tape ne suffisait plus. J'ai dû recourir à l'ouverture brusque des tentures puis à celle de la fenêtre, puis la sortie sur le balcon... . L'escalade était lancée. La Guerre Colombophile Totale allait s'engager.


De simples trouble-sommeil, mes assaillants voulaient désormais occuper partie de mon territoire. Je l'ai compris quand j'ai vu l'un d'entre eux tenter de construire une base avancée dans un coin du balcon.

J'avais besoin d'une stratégie adéquate. Les volatiles ne sont pas seuls à lire Sun Tzu !

Impossible de les attaquer de front, le Colombidé est couard et profite de sa parfaite maîtrise de l'envol pour éviter toute confrontation directe. Il fallait attaquer quand ils me croyaient à cent lieues du champ de bataille.

C'est en pleine nuit que j'ai porté une double frappe chirurgicale (et sans dommages collatéraux). Vu l'état de leur torpeur, sûr qu'ils avaient dû faire des bacchanales d'enfer pensant la partie gagnée.

Muni de mon arrosoir à long bec, j'ai copieusement arrosé les piafs qui, brutalement sorti de leur sommeil, n'ont eu d'autres choix que de fuir.

Ce matin, ils n'ont pas troublé mon sommeil.

Je n'ai probablement gagné qu'une bataille et je reste sur mes gardes. Mais cette victoire est décisive : j'ai repris l'avantage.

lundi 30 juillet 2007

Mon Breton préféré !

Ce Breton exilé, ce guitariste déjanté, ce génial parolier, ce lesbien invétéré, chien fou sans collier et anar dévoyé, ne pouvait pas ne pas à un moment ou un autre figurer sur ce blog.
Fondateur avec Vévé, Hugues et Serge des Wanted, aujourd'hui dissolus, c'est dès les premières écoutes que ses compositions m'ont plu. Ses mots sont justes, ses formulations font mouche et ses solos de Gibson are really very good rock'n'roll.
Comme tous les chiens qui sentent la compagnie, il s'est décolliérisé, s'est quelque peu cherché, a même galéré. Et après avoir joué à l'Astragale, le voilà revenu en "Blondie" DeLuxe ! Et de ce que je sais, ça commence à marcher sérieux pour lui.

Alors, mon Breton, si tu lis ces lignes un jour, je n'ai qu'une chose à te dire :